{"id":3636,"date":"2024-06-12T20:04:18","date_gmt":"2024-06-12T18:04:18","guid":{"rendered":"https:\/\/redestudiosafricanos.org\/panel\/le-role-de-lopposition-politique-dans-le-contexte-de-la-regression-democratique-en-afrique\/"},"modified":"2024-08-09T16:17:23","modified_gmt":"2024-08-09T14:17:23","slug":"le-role-de-lopposition-politique-dans-le-contexte-de-la-regression-democratique-en-afrique","status":"publish","type":"panel","link":"https:\/\/redestudiosafricanos.org\/fr\/panneaux\/le-role-de-lopposition-politique-dans-le-contexte-de-la-regression-democratique-en-afrique\/","title":{"rendered":"34. Le r\u00f4le de l&#8217;opposition politique dans le contexte de la r\u00e9gression d\u00e9mocratique en Afrique"},"content":{"rendered":"\n<p>Nous assistons actuellement \u00e0 une aggravation de l&#8217;autocratisation dans le monde entier. L&#8217;analyse de ce ph\u00e9nom\u00e8ne s&#8217;appuie sur diff\u00e9rents aspects : l&#8217;impact des mesures de lutte contre la pand\u00e9mie de Covid-19, qui ont limit\u00e9 les libert\u00e9s de circulation obtenues ; le r\u00f4le de la r\u00e9pression politique dans certains contextes, qui a particuli\u00e8rement attaqu\u00e9 la dissidence ; la polarisation politique, qui \u00e9rode la d\u00e9mocratie dans les pays multipartites, ou, entre autres aspects, l&#8217;impact de la d\u00e9sinformation ou la prolif\u00e9ration des coups d&#8217;\u00c9tat au cours de ce si\u00e8cle (Boese et al. 2022 ; Sinkkonen, 2021). A cette r\u00e9alit\u00e9 s&#8217;ajoute la fragilit\u00e9 des institutions d\u00e9mocratiques et leur instrumentalisation par certaines personnalit\u00e9s politiques dans le but de se maintenir au pouvoir, transformant les \u00e9lections ou les l\u00e9gislatures en quelque chose de purement cosm\u00e9tique et de favorable au r\u00e9gime en question, \u00e9rodant ainsi la pluralit\u00e9 des positions (S\u00e1 &amp; Sanches, 2021).<\/p>\n\n<p>Selon les indices qui \u00e9valuent la qualit\u00e9 des d\u00e9mocraties, tels que Freedom House ou Varieties of Democracy, le continent africain compte une majorit\u00e9 de &#8220;r\u00e9gimes non libres&#8221;, de &#8220;r\u00e9gimes hybrides&#8221; ou d'&#8221;autocraties \u00e9lectorales&#8221;. Des facteurs historiques y contribuent, certains pays n&#8217;ayant jamais connu de v\u00e9ritable processus d&#8217;ouverture d\u00e9mocratique, comme le Cameroun ou l&#8217;Angola, mais des facteurs plus conjoncturels contribuent \u00e9galement \u00e0 ce sc\u00e9nario, comme les coups d&#8217;\u00c9tat cons\u00e9cutifs dans la r\u00e9gion du Sahel depuis le coup d&#8217;\u00c9tat au Mali en ao\u00fbt 2020. Cependant, il est n\u00e9cessaire d&#8217;examiner la diversit\u00e9 qui existe lorsque l&#8217;on consid\u00e8re les r\u00e9gimes politiques autoritaires, qu&#8217;ils soient civils ou militaires. Les coups d&#8217;\u00c9tat militaires comme celui du Burkina Faso en septembre 2022, du Niger en juillet 2023 ou du Gabon en ao\u00fbt 2023 ont \u00e9t\u00e9 accueillis avec un enthousiasme initial consid\u00e9rable par les populations, contrairement \u00e0 celui du Mali (Mateos, 2023). Dans certains cas, les tentatives de maintien au pouvoir pour un troisi\u00e8me ou un quatri\u00e8me mandat sont couronn\u00e9es de succ\u00e8s (au Togo, avec Faure Gnassingb\u00e9, par exemple), alors que dans d&#8217;autres, elles se heurtent \u00e0 une forte opposition civile et politique (comme l&#8217;a montr\u00e9, en 2024, la tentative de Macky Sall de repousser les \u00e9lections au S\u00e9n\u00e9gal). Enfin, il existe des pays dont les partis au pouvoir n&#8217;ont pas chang\u00e9 depuis l&#8217;ind\u00e9pendance, qu&#8217;ils soient d\u00e9mocratiques ou autoritaires (respectivement le Botswana et l&#8217;Angola), tandis que d&#8217;autres pays ont vu les partis d&#8217;opposition devenir les partis au pouvoir, favorisant ainsi l&#8217;alternance (voir le Liberia, la Sierra Leone et la Guin\u00e9e-Bissau).<\/p>\n\n<p>Ainsi, l&#8217;ar\u00e8ne politique reste domin\u00e9e par certains partis ou d&#8217;autres acteurs politiques, ce qui limite la concurrence et l&#8217;alternance dans la gouvernance. De m\u00eame, la litt\u00e9rature acad\u00e9mique sur la politique continue \u00e0 se concentrer davantage sur les titulaires et le pouvoir ex\u00e9cutif que sur les oppositions, et le continent africain ne fait pas exception (Helms, 2023). Les \u00e9tudes sur les oppositions politiques sont rares, bien qu&#8217;elles soient consid\u00e9r\u00e9es comme essentielles et n\u00e9cessaires dans les syst\u00e8mes d\u00e9mocratiques pour les processus de contestation, de concurrence et de responsabilit\u00e9 (Kotz\u00e9 &amp; Garc\u00eda-Rivero, 2008).<\/p>\n\n<p>Sur le continent africain, l&#8217;opposition partisane est limit\u00e9e en raison d&#8217;un autoritarisme omnipr\u00e9sent depuis les conqu\u00eates d&#8217;ind\u00e9pendance (Kotz\u00e9 &amp; Garc\u00eda-Rivero 2008). En plus de cette restriction, les partis d&#8217;opposition manquent de capacit\u00e9s organisationnelles et d&#8217;incitations et sont limit\u00e9s dans leurs activit\u00e9s. Les partis d&#8217;opposition sont souvent faibles et ont des difficult\u00e9s \u00e0 devenir des partis nationaux et \u00e0 s&#8217;\u00e9tablir localement, ce qui rend leurs strat\u00e9gies de recrutement plus difficiles que celles des partis au pouvoir (Uddhammar et al., 2011 ; Paget, 2022 ; Sj\u00f6gren, 2024). Cette vague d&#8217;autocratisation a \u00e9galement entra\u00een\u00e9 une augmentation des manifestations et des actions, dans les rues et en ligne, contre la d\u00e9t\u00e9rioration de la qualit\u00e9 de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative (Mateos &amp; Erro, 2021 ; Sanches, 2022).<\/p>\n\n<p>Malgr\u00e9 cela, m\u00eame dans un contexte d&#8217;\u00e9rosion d\u00e9mocratique, nous avons assist\u00e9 \u00e0 un gain progressif de terrain pour les oppositions dans certains pays, y compris les syst\u00e8mes de partis dominants tels que ceux de l&#8217;Afrique australe, o\u00f9 l&#8217;opposition gagne du terrain \u00e0 chaque moment \u00e9lectoral. Nous avons \u00e9galement assist\u00e9 \u00e0 des victoires \u00e9lectorales de candidats de l&#8217;opposition dans certains r\u00e9gimes hybrides, comme ce fut le cas au Lib\u00e9ria et au S\u00e9n\u00e9gal en janvier et mars 2024. Dans le cas du S\u00e9n\u00e9gal, les manifestations populaires contre le contr\u00f4le des institutions d\u00e9mocratiques par Macky Sall ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisives pour la victoire du parti PASTEF et de son candidat Bassirou Diomaye Faye.<\/p>\n\n<p>Dans un contexte o\u00f9 le degr\u00e9 d&#8217;institutionnalisation des partis d&#8217;opposition, leur d\u00e9ploiement local et\/ou national et les programmes et id\u00e9ologies qu&#8217;ils mobilisent varient consid\u00e9rablement, et partant du principe que l&#8217;\u00e9tude des oppositions politiques est essentielle pour l&#8217;\u00e9tude des syst\u00e8mes politiques, des d\u00e9mocraties et des dynamiques de pouvoir, ce panel pose les questions suivantes, appliqu\u00e9es au continent africain : dans cette dynamique croissante d&#8217;autocratisation, comment la dissidence est-elle exprim\u00e9e et les programmes anti-gouvernementaux sont-ils mobilis\u00e9s ? Quels sont les espaces disponibles pour les actions d&#8217;opposition ? Comment les partis d&#8217;opposition agissent-ils ? Quels sont les programmes propos\u00e9s en mati\u00e8re de d\u00e9mocratie et de d\u00e9mocratisation ? Comment se connectent-ils avec les citoyens, les mouvements de protestation politique ou l&#8217;activisme politique qui ne fait pas partie des partis politiques ? Quelles sont les nouveaut\u00e9s et les continuit\u00e9s qu&#8217;apportent des ph\u00e9nom\u00e8nes tels que le PASTEF au S\u00e9n\u00e9gal et quelles sont les implications pour la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9mocratique des pays africains ?<\/p>\n\n<p>Sur la base de ces questions, les principaux objectifs du panel sont d&#8217;expliquer les strat\u00e9gies de mobilisation, d&#8217;action et de d\u00e9finition de l&#8217;agenda des partis politiques d&#8217;opposition et de cartographier l&#8217;interaction entre les partis d&#8217;opposition et les citoyens et activistes.<\/p>\n\n<p>Le panel vise donc \u00e0 combler les lacunes de la litt\u00e9rature sur les politiques d&#8217;opposition en Afrique. Il est ouvert aux propositions bas\u00e9es sur des \u00e9tudes de cas et des \u00e9tudes comparatives qui se concentrent sur les questions de formation, de mobilisation et de performance institutionnelle des partis d&#8217;opposition, en particulier sur les r\u00e9gimes autoritaires comp\u00e9titifs dot\u00e9s d&#8217;institutions repr\u00e9sentatives \u00e9lues. Les articles portant sur diff\u00e9rentes disciplines et perspectives interdisciplinaires dans le domaine des \u00e9tudes africaines sont les bienvenus.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;objectif principal de ce panel est de comprendre et d&#8217;analyser les acteurs politiques de l&#8217;opposition dans les pays africains dans le contexte de la d\u00e9rive autocratique qui affecte le continent et les soci\u00e9t\u00e9s au niveau mondial. Reconnaissant les variations consid\u00e9rables dans le degr\u00e9 d&#8217;institutionnalisation des partis d&#8217;opposition, leur niveau de d\u00e9ploiement local et\/ou national et la diversit\u00e9 des programmes et id\u00e9ologies qu&#8217;ils mobilisent, et partant du principe que l&#8217;\u00e9tude des oppositions politiques est essentielle aux \u00e9tudes des syst\u00e8mes politiques, des d\u00e9mocraties et de la dynamique du pouvoir, le panel pose, entre autres, les questions suivantes, appliqu\u00e9es au continent africain : comment la dissidence est-elle exprim\u00e9e et les programmes anti-gouvernementaux mobilis\u00e9s dans le contexte actuel de r\u00e9gression d\u00e9mocratique ? Quels sont les espaces disponibles pour les actions d&#8217;opposition ? Comment les partis d&#8217;opposition agissent-ils ? Quels sont les programmes propos\u00e9s en mati\u00e8re de d\u00e9mocratie et de d\u00e9mocratisation ? Comment se connectent-ils avec les citoyens, les mouvements de protestation politique ou l&#8217;activisme politique qui ne font pas partie des partis politiques ? Quelles sont les nouveaut\u00e9s et les continuit\u00e9s qu&#8217;apportent des ph\u00e9nom\u00e8nes tels que le PASTEF au S\u00e9n\u00e9gal et quelles sont les implications pour la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9mocratique des pays africains ? Sur la base de ces questions, le panel vise \u00e0 expliquer les strat\u00e9gies de mobilisation, d&#8217;action et de proposition des partis politiques d&#8217;opposition et \u00e0 cartographier l&#8217;interaction entre les partis d&#8217;opposition, les citoyens et l&#8217;activisme politique. 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